J'ai quitté définitivement Instagram (et les réseaux sociaux)
Six mois. C’est le temps qui s'est écoulé depuis mon dernier passage sur le podcast. Six mois sans publier un seul mot, sans scroller, sans nourrir la machine infernale des algorithmes. Si tu t’es demandé où j’étais passée, sache que mon départ s’est fait à mon image : de façon nette, précise et sans détour.
Mais derrière ce silence radio se cache une décision mûrement réfléchie et profondément salvatrice. J’ai pris la décision radicale de quitter Instagram et la quasi-totalité des réseaux sociaux.
Pourquoi en suis-je arrivée là ? Comment le corps et l'esprit réagissent-ils à une telle déconnexion ? Et surtout, qu'est-ce que cela a changé dans mon quotidien ?
Pourquoi j’ai dû dire stop à Instagram (et aux autres)
Avant de tout couper, j'avais déjà déserté Facebook, Snapchat, et fait des apparitions éclairs (peu concluantes) sur LinkedIn ou Twitter. Instagram était mon dernier combat. Pourtant, y rester était devenu intenable.
L’alerte rouge du corps et de la santé
Mon départ n'est pas un caprice de « digitale détox » estivale. Il s'inscrit dans un contexte de surcharge physique et mentale extrême. Après des années à avancer sous adrénaline, mon corps a fini par lâcher : examens médicaux négatifs en cascade, épuisement profond, et moral au plus bas. J'ai frôlé le burn-out, touchant le fond avant de comprendre qu'il fallait tout remettre à plat.
L'échec de toutes les demi-mesures
Pendant longtemps, j'ai cru que je pouvais « m'aménager » une relation saine avec les réseaux :
Suppression des notifications depuis des années.
Suppression de l'application du téléphone pour ne me connecter que via l'ordinateur.
Fixer des limites de temps d’écran.
Spoiler : rien n'a fonctionné ! Le réflexe machinal de prendre son téléphone pour scroller finit toujours par reprendre le dessus. Quand on a du mal à faire les choses à moitié et qu'on replonge sans arrêt, la seule vraie solution, c'est de couper net et de tout supprimer.
(Petite précision : je suis encore sur YouTube — pour les chaînes d’exercices sportifs et quelques chaînes que j'aime — et sur Pinterest pour diffuser mon podcast, ce sont des plateformes qui ne m'aspirent pas dans la spirale infernale du scrolling.)
Le vrai visage des réseaux sociaux : ce qui est profondément malsain
Avec le recul de ces derniers mois, dressons un état des lieux lucide de ce que j'ai laissé derrière moi :
La perte de temps colossale : Le scrolling infini est un aspirateur à temps.
Le piège de la charge mentale invisible : Enregistrer des recettes de cuisine ou des méthodes d'organisation « pour plus tard » (que l'on ne fait d'ailleurs jamais) ne fait qu'alourdir notre esprit et nourrir un sentiment de culpabilité permanent.
La procrastination déguisée : Ouvrir son téléphone est tellement plus simple (et offre une récompense immédiate grâce aux likes) que de se bouger pour avancer sur ses propres projets.
La surstimulation et l’anxiété : Entre actualités anxiogènes permanentes et comparaison stérile avec des vies fantasmées, l'estime de soi prend un sacré coup.
L’agressivité ambiante : Observer la haine et la violence verbale déversées dans les commentaires m'a définitivement écœurée des réseaux sociaux, qui n'ont parfois plus rien de social.
La tyrannie de l'approbation : Courir après les likes, chercher la validation d'un algorithme et souffrir du manque d'engagement quand on ne court pas après la course aux abonnés.
Reprendre le contrôle : notifications, vie privée et respect de soi
Quitter les réseaux sociaux m'a poussée à repenser l'ensemble de mes habitudes numériques pour revenir à l'essentiel.
Apprendre à se respecter soi-même
J'ai compris qu'il fallait respecter ses propres limites et oser dire stop — quitte à le faire de façon abrupte et sans s'excuser. Apprendre à se respecter d'abord soi-même, c'est aussi montrer aux autres, de façon inconsciente, qu'on mérite ce respect.
Couper les notifications pour ne plus être dispo 24h/24
Inspirée par mes lectures de l'été (notamment le livre de Fabien Olicard, Ce livre vous fera gagner du temps), je suis allée encore plus loin en coupant les notifications de mes SMS (en gardant seulement les petites pastilles).
J'ai réalisé qu'on a le droit de ne pas être à disposition de la terre entière, tout de suite, de façon instantanée. Couper ces alertes m'évite d'être sans cesse interrompue et me permet de consulter mon téléphone quand j'en ai réellement l'espace.
Arrêter de vivre sa vie à travers son écran
Sur les réseaux, on finit par vivre par procuration — comme lorsque je filmais les concerts à travers mon écran plutôt que de les vivre vraiment. Aujourd'hui, je profite pleinement de mes instants de vie (sorties, vacances, moments en famille) sans chercher à tout capturer pour les autres, pour enfin vivre l’instant présent pour moi.
Protéger sa vie privée et réapprendre à s'adapter
Sur les réseaux, on finit par vivre par procuration — comme lorsque l'on photographie les concerts à travers un écran plutôt que de les vivre. Quitter Instagram, c'est aussi refuser d'exposer sa vie intime. Certains diront qu'un podcast est aussi un lieu d'exposition. C'est vrai, mais l'échange y est plus sain, plus authentique, et choisi. Pour le reste (trouver des invités, s'informer d'événements), j'ai dû me réinventer, retrousser mes manches et m'adapter sans la facilité d'une application. C'est ça aussi, reprendre le pouvoir sur sa vie.
Le bilan post-déconnexion : du temps libéré pour des activités saines
Qu’est-ce qui a changé concrètement depuis six mois ? Les bienfaits sont immenses :
La sensation d'avoir rallongé ses journées : C'est magique. En supprimant le scroll, j'ai réalisé que des projets que je pensais chronophages ne prenaient en réalité que quelques heures. Mon rapport au temps a totalement basculé.
Une pile à lire enfin pulvérisée : Je lis tous les jours, matin et soir. J'ai dévoré de superbes romans cet été (notamment La rose de minuit et Le domaine de l'héritière de Lucinda Riley).
Du temps pour la vraie vie : Cuisiner, ranger, faire du tri, passer du temps qualitatif en famille, pratiquer le monotâche et savourer l'instant présent.
Un calme mental inestimable : Moins de dispersion, une concentration décuplée, un sommeil préservé (le téléphone reste hors de la chambre) et la fin de l'angoisse du FOMO (la peur de rater quelque chose). Au final... on ne rate absolument rien d'essentiel.
Le retour aux relations authentiques : Moins de relations virtuelles superficielles, et un focus total sur les vrais amis et la famille.
Et si tu sautais le pas ?
Aujourd'hui, je fais les choses selon mes envies, sans chercher à coller à des cases ou à des calendriers de publication dictés par des algorithmes. Je me sens revigorée, alignée, et libérée d'un poids.
Si tu hésites à quitter les réseaux sociaux, sache que les désavantages se gèrent très bien en s'adaptant, et que les bénéfices sur ton bien-être surpassent tout le reste.
💬 Est-ce que tu fais encore partie de ceux qui y passent du temps chaque jour, ou as-tu réussi à tourner la page ?